Un petit vélo dans la tête
Un petit vélo dans la tête
spectacle Art et Handicap (2008)


de Françoise Olivier
Mise en scène : Laurent Arnaudo
Chorégraphie : Adeline Raynaud
Affiche et Photos : Richard Roux
Régie générale : Jean Jacques Simon

Avec 
Christine Caucino, Pascal Solengo, Sylvie Meune, Philippe Nacci, Françoise Olivier, Rose Abdi, Olivier Beslay, Lisa Sindres et Simone Simon

et le soutien
du  Conseil Général des Alpes- Maritimes et  des communes de Cannes et de  Grasse

 

     
 


Une rencontre…

Un jour, le hasard fait se rencontrer des personnes en situation de handicap, des comédiens amateurs, une chorégraphe professionnelle directrice de compagnie, un metteur en scène et comédien fou de théâtre, un artiste peintre et une professionnelle de l’éducation spécialisée, comédienne travaillant sur les réalités de terrain du monde du handicap et de l’art thérapie.
Des univers très lointains, très étrangers de prime abord…

Un histoire s'engage durant laquelle chacun fait peu à peu découvrir à l'autre son métier, ses positions, ses expériences, ses difficultés, une certaine vision du monde. Chacun découvre alors en l'autre une chose essentielle qui est au cœur de sa propre démarche mais qui pourtant reste en partie cachée : le plaisir du partage, de la création et de l’inconnu.

Les comédiens handicapés mentaux peuvent ainsi accéder à une autre forme de relations humaines qui leurs échappent souvent et qu'ils n'arrivent pas toujours à décrypter.Les comédiens amateurs valides riches de leur expérience personnelle et théâtrale, de leur amour de l’autre, du « différent » décident de s’investir bénévolement auprès de toute l’équipe artistique. Ils nous embarquent ainsi sur des chemins qui conduisent au-delà des routes ordinaires.

La professionnelle de l’art thérapie et la chorégraphe perçoivent quant à elles les possibilités illimitées d'expression corporelle, de l'écriture et de la création artistique. Elles lancent alors ensemble un défi au futur metteur en scène. Elles lui proposent de mettre en espace le texte et les réalités du monde de la  vision dansée.

L'homme de théâtre, croisant ainsi sa propre réalité à toutes celles qu'il aura rencontrées, restitue  sa ' propre vision des choses' et accepte de relever le défi. L'évidence est qu'ils doivent faire un bout de chemin ensemble. Il faut que quelque chose existe qui soit le fruit de ces regards croisés…

Ainsi est né "Un petit vélo dans la tête!"…

Françoise Olivier

 

Un texte

Dans un univers poétique et chorégraphique décalé et japonisant, des personnages réalistes ou oniriques évoluent, se croisent et se découvrent pour  enfin se rencontrer.Naviguant  aux frontières de l’expression corporelle, du théâtre et de la musique, l’histoire raconte  comment, en dépit de nos différences, il est possible de tisser des liens fraternels indestructibles.

Une fille et un garçon sont amis. Ils se retrouvent tous les jours au pied d’une drôle de machine. Ce faisant, ils nous content leur histoire, leur vie d’aujourd’hui, d’avant, leur enfance, leur famille, leur travail, leur vie sociale et amicale, leur solitude, le tout relié par un fil conducteur : le handicap. Un gardien solitaire garde cette étrange machine. Ils se sentent ici à l’abri du monde.  Un monde souvent injuste, bruyant, hostile à leurs yeux.  Alors, plus que tout, ils aiment rêver. Et si tout pouvait changer !! Et s’ils décidaient de ne plus revenir…. Ils iront de surprise en surprise, rencontreront beaucoup de monde.

Mais avant qu’un vrai échange ne se produise, il faudrait abattre bien des obstacles.

 

Une création théâtrale

Le théâtre est avant tout un lieu de métaphores, donc d’émotions et de découvertes... Miroir et signe de la vie, il permet un regard aiguisé, critique, moqueur, comique ou dramatique, tendre ou acidulé sur la vie et ses déboires.

L’idée d’aborder un thème comme celui du handicap par le biais d’une incarnation vivante d’acteurs et de danseurs sur un plateau, m’a semblé d’emblée une idée forte. On permet ainsi au spectateur de pénétrer le monde du handicap par l’intérieur plutôt qu'à travers le regard du professionnel de l’éducation spécialisée, du sociologue ou du psychiatre.

Mais, par dessus tout, on tente de faire sentir au spectateur la vulnérabilité et la richesse créatrice des artistes unis sur scène. Il nous faut trouver chez le spectateur la faille affective qui le mette exactement à la même place que celui qu’il regarde et écoute.